Bon, tâchons de profiter pleinement de notre voyage malgré les débuts difficiles, le tremblement de terre en France et notre abri de piscine plié sous les trente centimètres de neige lourde. J’ai l’impression d’être Madame la Marquise de la chanson…
Après Chiantla, où nous avons du mal à traverser le marché en voiture,

nous devons passer un col à 2400 mètres pour nous rendre à Todos Santos, un village mam, accessible par une seule route au coeur de la Sierra Cuchumatames. Malheureusement le brouillard ne s’est pas levé aussi tôt que nous et nous sommes frustrés de ne pouvoir admirer le paysage.

Nous émergeons des nuages sur un haut plateau où les bords de route sont des jardins naturels.

Les anciennes maisons étaient en pisé, mais beaucoup ont été détruites par les tremblements de terre.

Les Guatémaltèques ayant émigré aux Etats-Unis construisent de superbes maisons témoignages de leur réussite…

C’est jour de marché à Todos Santos. Les Mams ont gardé leurs tradictions et leurs vêtements ancestraux, que nous pouvons admirer. La tenue des hommes en particulier est remarquable : chemise blanche pouvue d’un grand col brodé, pantalon rayé rouge et blanc par dessus lequel un surpantalon plus court et ouvert maintient latéralement les hanches au chaud, chapeau de paille éventuellement agrémenté d’un ruban. Ils sont visiblement plus accueillants que les Tzotzils et acceptent que l’on prenne des photos.

L’église:

Après avoir replongé dans le brouillard, nous prenons une route panoramique pour nous rendre à Chichicastenango, notre prochaine étape.


Notre accueillante posada:

En ville on s’active à préparer le marché de demain, on se restaure, des enfants s’amusent à se déguiser…

Certains étals sont déjà prêts.

L’église San Tomas a été bâtie en 1540 sur un ancien lieu de culte maya. Sur les marches d’accès, des fumées s’échappent encore d’un foyer, témoignant des rites d’origine précolombienne encore très présents et du syncrétisme religieux. Par inadvertance, nous entrons par l’escalier et la porte principale, réservés au chuchkajaus (prêtres mayas) au lieu de passer par le cloître et la porte latérale… C’est dans cette église que fut trouvée le Popol Vuh des mayas, écrit en quiché au XVIème siècle, qui a disparu depuis, après avoir fait l’objet toutefois de plusieurs traductions. Selon ce « Livre du Conseil », Dieu a créé la nature puis les hommes, d’abord en glaise, puis en bois, et enfin en maïs. Cette tentative fut fructueuse en leur donnant une âme.

Devant une petite église, un feu et des incantations attirent notre attention : des offrandes entourées d’oeufs sont en train de brûler et un chuchkajaus officie.

Des micros diffusent par ailleurs les discours d’évangélisateurs de quelques sectes : une grande part de la population guatémaltèque, tout en restant attachée à la religion catholique, a été attirée par une dizaine de milliers d’organisations ou sectes, issues des Etats-Unis et disposant de moyens considérables. Elles seraient par contre moins tolérantes au « paganisme ».

Bon repas dans un restaurant indiqué par notre logeuse:

De retour à l’hôtel, nous avons droit à une flambée bienvenue dans la cheminée de notre chambre. Ce soir, plusieurs feux d’artifice illuminent le ciel (visibles de notre terrasse). Un concert d’aboiements et de hurlements fait suite à tous les crépitements.
Bise