Région de Puebla

Poursuivant vers le sud-est, nous voyons quelques champs de maïs et de nopales (leurs cladotes sont utilisés pour confectionner le nopalito, leurs fruits sont également comestibles). Puis apparaissent le Popocatépetl (5426 mètres) et l’Ixtaccihuatl (5230 mètres). Rafael nous raconte une légende selon laquelle Ixtaccihuatl était une princesse, fille du chef des Tlaxcaltecas, ennemi des Aztèques, qui tomba amoureuse d’un guerrier, Popocatepetl. Le père d’Ixtaccihuatl mit comme condition à cette union que Popocatépetl, à la tête de son armée, vainque les Aztèques, ce qui paraissait impossible. A la fausse annonce de la mort de son amoureux, Ixtaccihuatl mourut de chagrin. A son retour victorieux, Popocatepetl se suicida. Les dieux eurent pitié et transformèrent les deux amants en volcans: Ixtaccihuatl est appelée femme endormie car il semble que l’on puisse voir le corps d’une femme allongée et Popocatépetl continue à exprimer le feu de sa passion.

Le Popo, qui abrite l’âme de Tlaloc, le dieu de la pluie, reçoit encore les offrandes des villageois.

Le couvent franciscain de Huejotzingo (XVIème siècle), accolé à l’église, garde de belles fresques.

La pyramide la plus volumineuse au monde se trouve à Cholula (dimensions estimées de 450 mètres de côté et 66 mètres de haut), construite par les Olmèques vers 300 avant JC, mais elle est enfouie sous la terre. On peut accéder à des galeries souterraines et entrevoir quelques bribes mises à jour. Une église a été construite à la fin du XVIème siècle par les Espagnols sur son sommet, Nuestra Senora de los Remedios, d’où l’on découvre une vue magnifique.

 

Vers l’ouest, le Popocatépetl et l’Ixtaccihuatl
Vers le nord-est, La Malinche (4461 mètres)

La ville remonte au moins au IIème siècle avant JC. Ses premiers habitants furent les Epatlans, puis de nombreux peuples s’y établirent : Mayas, Mixtèques, Zapotèques, Olmèques… Elle devint la deuxième plus grande ville de l’empire aztèque. Actuellement elle compte pas moins de 70 églises.

A 4-5 km de là, l’intérieur de l’église de Tonantzintla (XVIIème) est époustouflant…, on va dire baroque indigène (des anges portent des plumes…). Suite à l’arrivée des missionnaires, la Vierge Marie a remplacé Tonantzin, la déesse de la Fertilité.

 

L’église d’Acatepec est couverte d’azulejos.

Puebla, fondée vers 1530, a ravi la suprématie à Cholula et s’est enrichie du commerce entre Atlantique et golfe du Mexique. Elle est aujourd’hui la 4ème ville du Mexique. Nous commençons classiquement notre visite par la cathédrale (XVIe- XVIIe siècles) et le Zocalo.

Il ne persiste que deux des innombrables pièces couvertes de fresques de la Casa del Dean (1575), qui appartenait au doyen de la cathédrale.

Le Palacio Federal:

La Biblioteca Plafoxiana (1646) fondée par l’évêque Juan de Palafox, est riche de 45 500 volumes, un bonne partie d’entre eux provenant des collèges des jésuites suite à leur exclusion du Mexique.

Le Museo Amparo, aménagé dans un ancien hôpital du XIème siècle est immense et ultramoderne. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu du mal à trouver les salles qui nous intéressaient… et encore il faudrait rester des heures…

 

Le Templo San Domingo (fin XVIIème-début XVIIIèmè) a surtout de remarquable sa capilla del Rosario, churrigueresque :

Petit détour par le Museo de la Revolucion mexicana, maison des frères Serdan qui eurent un rôle important en 1910 dans le soulèvement contre le dictateur Porfirio Diaz et y laissèrent leur vie. Impacts de balle sur la façade, miroir brisé… Intéressant (mobilier de l’époque de la révolution, vidéo reconstitutive, nombreuses bornes…).

Quelques flâneries dans les rues et retour à notre point de ralliement en passant devant la Casa de los Munecos, occupée par le Museo universitario :

Rafael, renseignements pris, parvient à dénicher les Murales del Barrio de Alto, oeuvres d’artistes muralistes :

Nous passons par hasard à la nuit tombée devant les lavaderos de Almoloya :

A bientôt. Bise.

Teotihuacan

Voici la mystérieuse et grandiose Teotihuacan.

Mystérieuse car les scientifiques ne savent pas vraiment quelle ethnie en est à l’origine : les Totonaques qui se vantent de l’avoir construite? ou plutôt les Otomis dont la langue était parlée depuis longtemps dans la région? C’est en tout cas l’un des sites archéologiques les plus anciens de Mésoamérique.

Cette « Cité des dieux », appelée plus tard Teotihuacan par les Aztèques (qui pensaient que seuls des dieux ou des géants pouvaient avoir réalisé de telles colossales constructions), serait née aux environs de 200 avant Jésus-Christ, dans une région déjà peuplée depuis longtemps. Sa population se serait accrue suite à la migration des habitants de la ville de Cuicuilco qui avait été détruite par le volcan Xitle. En fait il semble que de nombreuses ethnies l’aient habitée et qu’elle était très ouverte aux échanges commerciaux et culturels avec l’extérieur. La Pyramide du Soleil fut achevée en 100 après JC et la ville atteint son apogée entre 150 et 450 après JC. Elle aurait alors compté entre 100 000 et 250 000 habitants (dont de nombreux potiers, bijoutiers et artisans) et aurait occupé une surface de 20 à 30 km². Son déclin au VII-VIIIèmes siècles pourrait être lié à de longues périodes de sécheresse, à une révolte contre les classes dirigeantes expliquant que seuls les monuments symbolisant le pouvoir aient été détruits, mais on ne peut exclure que des cités voisines se soient alliées pour la conquérir. En tout cas elle tomba en ruines et Cortès ne la vit même pas du fait de l’épaisse couche de terre qui la recouvrait.

Depuis 1675, elle a fait l’objet de nombreuses fouilles, puis de travaux de mise en valeur et de restauration en particulier au XXème siècle.

Nous entrons sur le site par l’entrée sud qui donne accès à ce que l’on appelle maintenant la Ciudadela : il s’agissait en fait d’un forum entouré par des bâtiments administratifs et résidentiels et le Templo de Quetzalcoatl, précédé d’une Plateforma adosada. Plus de 200 squelettes de sacrifiés ont été retrouvés sous et près de ce temple, qui recèle encore des mystères : un tunnel conduit à des galeries et des chambres taillées dans la roche qui restent à explorer.

Nous empruntons la Calzada de los Muertos  qui constitue l’axe nord-sud du site sur une longueur de 2 km, en imaginant de chaque côté des bâtiments cérémoniels de couleurs vives,

jusqu’à la Piramide del sol. Construite au-dessus d’une grotte (symbole de fertilité et accès au monde de la mort), elle a 225 mètres de côté et mesure 65 mètres, le temple qui la coiffait ayant disparu. Il semble en fait qu’elle était plutôt dédiée au dieu de la pluie ou à la Grande Déesse de Teotihuacan.

245 marches à grimper pour bénéficier d’une vue magnifique sur le site.

Derrière la Pyramide se trouve l’intéressant Museo de la Cultura Teotihuacana:

Continuons la Calzada de los Muertos vers la Piramide de la Luna (46 mètres), située au nord du site dans l’alignement du Cerro Gordo:

Dédiée à la Lune? ou plutôt à la déesse de l’Eau et de la Fertilité? ou au dieu de l’Orage? On peut seulement accéder au premier palier, mais la vue sur l’axe cérémoniel est remarquable.

Le Palacio de Quetzalcoatl, qui servait peut-être de résidence aux grands prêtres a été partiellement et fidèlement reconstruit tel le patio intérieur:

Le conjunto de los Jaguares et le templo de los Caracoles emplumados, montrent aussi quelques belles fresques bien conservées:

Nous avons juste le temps de faire un saut au Museo de los Murales Teotihuacanos où sont exposées essentiellement des peintures murales avec le lieu de leur découverte sur le site, et la reconstitution d’une pièce.

Rafael nous attend pile poil à l’heure prévue pour un repos bienvenu à l’hôtel.

A bientôt. Bise.

Tula

Antoine a capté ce matin à la télévision un long discours du Président mexicain Andrès Manuel Lopez Obrador, qui abordait en particulier, lorsque j’ai fugacement prêté l’oreille, les problèmes de corruption et l’article 8 de la constitution. En fait, Rafael, nous informe que le président s’adresse au peuple tous les matins à 7 heures pendant environ 1 heure…

Nous avons aujourd’hui un long trajet vers le sud (des vaches, assez peu de cultures sauf dans les zones de terre très noire sans doute volcanique),

qui nous ramène  à une centaine de km de Mexico, à Tula qui fut la capitale des Toltèques. Fondée au Xème siècle, elle eut pour roi Quetzalcoatl le bon frère, qui sombra dans la débauche après que son mauvais frère Tezcatlipoca lui eut fait boire du pulque, et qui s’exila.

Le site est agréable, avec de magnifiques cactus, presque désert en dehors de quelques vendeurs de souvenirs attirant l’attention des rares visiteurs qui par des cris de jaguars, qui par des bruits de tambours et d’une espèce de corne (nous avons l’impression d’un sacrifice prochain…).

Persistent 2 jeux de pelote:

le mur des Serpents (qui avalent des crânes), Coatepantl:

des sculptures de jaguars:

la base des piliers d’un palais à portique devant le temple principal, un temple pyramidal, Tlahuizcalpantecuhtli sur lequel se trouvent les Atlantes tenant un atlatl et une poignée de flèches (4 colosses guerriers en pierre de 4,50 m), qui soutenaient le toit d’une salle:

 

le Palacio Quemado comportant 3 salles avec des banquettes le long des murs, où se réunissaient les classes dirigeantes:

une autre pyramide :

un Chac Mool qui n’a plus sa tête:

Nous reprenons la voiture, toujours sur de belles autoroutes dans cette région plate de l’Altiplano, direction le site de Teotihuacan que nous visiterons demain.

Merci à ceux qui m’ont envoyé un petit message (çà fait plaisir). Bise

Guanajuato

Des maisons aux couleurs vives étagées sur des collines, un lacis de callejones où on peut parfois difficilement se croiser, mais aussi un dédale de rues souterraines où même notre chauffeur se perd (« on est déjà passé par là! »).

La mine d’or et d’argent de Valenciana fut découverte en 1548 et permit la prospérité de cette ville coloniale. C’est à la fin du XVIIIème siècle que sa production atteignit son apogée, époque où elle fut l’une des plus importantes au monde. Actuellement, elle n’est plus en activité mais il est possible de la visiter. Toutefois ma claustrophobie ne m’a pas incitée à descendre dans un puits…

Le Teatro Juarez (achevé en 1903) possède une salle splendide de style mozarabe, qu’il n’est malheureusement pas possible de visiter pour motif de festival. Guanajuato accueille un célèbre festival en octobre, le Cervantino, avec des artistes du monde entier.

En face de l’église voisine de San Diego,

le Jardin de la Union, ombragé par des lauriers d’Inde impeccablement taillés,

est le grand lieu de rassemblement, où l’on peut régulièrement profiter  d’orchestres, mariachis, et d’où partent les callejonenadas. Nous ne vous ferons pas participer à cette fête où la foule reprend des chants populaires en suivant dans les ruelles un groupe de musiciens : nous n’avons encore pas pris le rythme avec les changements horaires et à 20 heures, nous rejoignons Morphée…

La Basilica de Nuestra Senora de Guanajuato (XVIIème) domine la Plaza de la Paz:

Choupette a sans doute laissé des descendantes à Mexico:

Plaza San Fernando:

Eglise San Roque :

Jardin Reforma :

Mercado Hidalgo:

Le Museo Alhondiga de Granaditas occupe d’anciennes réserves de céréales et entrepôts de tabac, utilisés ensuite comme place forte par les Espagnols. Lors de la guerre d’indépendance, Pipila, dont la statue colossale domine maintenant la ville, s’illustra en l’incendiant, ce qui permit aux insurgentes de triompher.

A défaut d’avoir pu contempler les célèbres fresques de Diego Rivera ornant le Palacio nacional à Mexico, nous visitons la maison où il a passé son enfance, meublée de façon assez austère, mais où on peut admirer nombre de ses oeuvres (photos interdites), figuratives à ses début, puis aussi évoluant vers le cubisme, l’impressionnisme… Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié « De todas partes », Espacio de Trabajo », « Obra ». Devant « El vertije de la rosa », j’ai été impressionée par le relief des feuilles par rapport au mur en arrière plan : comment parvient-il à donner une telle impression de 3D? Il réussit aussi à rendre beaux des échafaudages, des espaces de bureaux… (on voit ses convictions socialistes).

L’Universidad, construite en 1950 est impressionnante. réputée dans les domaines du droit et des arts. Elle occupe aussi un ancien collège jésuite.

Templo de la Compania de Jesus (XVIIIème):

San José:

Teatro principal:

Eglise San Francisco:

Comment résister à un musée gratuit le mardi consacré à des peintures représentant le personnage le plus célèbre de la littérature espagnole, qui a inspiré des artistes des plus fameux. Je ne vous ferai pas l’affront de vous dire son nom car vous l’avez déjà deviné. Voici quelques échantillons des oeuvres exposées dans cet hôtel du XVIIIème où vécu par ailleurs Maximilien d’Autriche:

 

Nous nous armons de courage pour gravir les marches menant au Monumento de Pipila, qui est en fait le surnom de Juan Jose de los Reyes Martinez. Nous sommes récompensés par un paysage superbe.

Quelques-unes des ruelles que nous avons arpentées:

 

La calleron del beso, particulièrement étroite, a beaucoup de succès. D’après une légende, elle fut le témoin d’amours interdites entre Carmen et Luis dont la fin fut tragique : le père de Carmen, qui s’opposait à cette liaison, les surprit à s’embrasser de balcon à balcon et poignarda l’amant.

Conditionnés par cette fête des morts qui revêt tant d’importance dans ce pays, nous terminons la journée par le Museo de las Momias, très fréquentés par les touristes Mexicains qui adorent se prendre en photo devant ces morts aux expressions horribles (noyé, poignardé, enterré vivant, morte en couches, cadavre transpercé de pointes par l’Inquisition, enfants, foetus…). Ames sensibles s’abstenir!

Bonne fête des morts et faîtes de beaux rêves les amis.

A bientôt, si vous le souhaitez encore. Bise.

San Miguel de Allende

Après 1 heure 1/4 de route vers le nord-ouest,

nous arrivons à San Miguel de Allende, autre ville coloniale également classée au patrimoine mondial, où se sont installés des artistes américains vers les années 1940, puis de nombreux gringos.

Nous nous garons près de la plaza principal dominée par la Parroquia de San Miguel Arcangel (XVIème puis maintes fois remanié), dont on voyait les tours roses depuis le mirador.

La maison natale toute proche d’Ignacio Allende, héros de l’indépendace, abrite le Museo San Miguel que nous ne pourrons malheureusement visiter en ce lundi. Pas plus d’ailleurs que le Museo del Juguete popular mexicano.

Contentons-nous de découvrir les rues bordées de maisons aux couleurs vives,

le marché,

le Templo de la Salud (1735),

l’Oratorio de San Felipe Néri (XVIIIe),

le Templo de la Concepciion (milieu du XVIIIème siècle, dôme de la fin du XIXème),

le Templo San Francisco (1789).

Nous terminons par un petit tour au Parque Benito Suarez, assez peu fleuri à vrai dire en ce moment hormis une fleur appréciée des monarques (on est sur leur lieu de migration hivernale):

Nous partons maintenant pour Guanajuato vers l’ouest, où nous passerons la nuit avant de visiter la ville demain.

Des rennes et des traîneaux confectionnés avec des végétaux sont déjà exposés à la vente.

Vue de l’hôtel sur Guanajuato:

A bientôt, bise.

 

Tepotzolan et Queretaro

Aujourd’hui, route vers le nord avec Rafael, notre nouveau chauffeur, qui va nous accompagner pendant les 12 prochains jours.

Nous commençons par un court arrêt à la Plaza de las Tres Culturas où l’on peut voir à la fois les ruines de l’ancien marché aztèque de Tlatelolco, l’église espagnole de Santiago et de modernes bâtiments administratifs sans attrait. Mais surtout on peut dire que cette place est la place Tien An Men du Mexique : le 2 octobre 1968, l’armée mexicaine a ouvert le feu sur des étudiants réunis sur cette esplanade pour manifester contre le gouvernement du PRI, unique parti de la démocratie, au pouvoir depuis 1928.

 

L’Insigne basilica de Santa Maria de la Guadalupe date de l’époque coloniale. Dans la Nacional basilica moderne voisine qui a la forme d »un immense chapiteau se presse une foule nombreuse pour assister à la messe . Depuis un tapis roulant sous l’hôtel, on peut voir la tunique sacrée du jeune indien converti portant l’image de la vierge de la Guadalupe. En fibres d’agave, elle ne s’est jamais détériorée et la nature des pigments utilisés n’a pu être déterminée.

Tepotzotlan, à une quarantaine de kilomètres au nord de Mexico, est une ville coloniale qui possède un chef-d’oeuvre baroque classé au patrimoine mondial de l’Unesco : l’église de Saint François Javier et sa capilla domestica (XVIIème-XVIIIème siècles).

11 rétables dorés, oeuvres du sculpteur Higinio de Chavez zt du peintre Miguel Cabrera, atteignent le paroxysme de l’art churrigueresque et nous laissent bouche bée.

Un musée retrace le processus de christianisation du Mexique.

Egalement porcelaine japonaise témoin de l’influence de l’Orient.

Le Claustro de Naranjos :

Vue depuis le mirador:

Petite promenade dans les rues qui portent encore les témoignages de la fête des morts:

Nous poursuivons vers le nord-ouest

jusqu’à Queretaro dont l’aqueduc du XVIIIème siècle permettant d’alimenter la ville en eau potable est le résultat de l’amour fou d’un homme pour une nonne.

Je vous propose de suivre nos flâneries dans le centre historique, qui compte pas moins de 1200 édifices…

Santa Rosa de Viterbo

Petite visite au museo-casa de la Zacatecana, bel hôtel particulier théâtre d’un sordide assassinat au XVIIIème siècle. Une vidéo à faire peur nous accueille relatant cet événement avec des comédiens. Outre le riche mobilier et les nombreux bibelots, une collection de pendules dont le concert de cliquetis est impressionnant en ce lieu (et encore, elles ne sonnaient pas minuit!) ainsi qu’une collection de crucifix (comme si on voulait exorciser le mal). Dans la crypte, on peut voir à travers une dalle en verre les squelettes des 2 victimes.

J’espère que nous allons tout de même faire de beaux rêves…

A bientôt. Bise.

Mexico: Museo de Antropologia et Coyoacan

D’après Victor, les Mexicains sont joueurs, amateurs de bière, de football et de Lucha Libre. En partant de notre hôtel, nous passons d’ailleurs devant un café fréquenté par des aficionados.

Cuitlanuac s’est illustré dans la lutte contre les conquistadors mais a été vaincu par la variole importée d’Europe.

Nous traversons un quartier d’ambassades et de bureaux pour nous rendre au Museo Nacional de Antropologia. Ici la tour de Coca-Cola, dont les Mexicains sont les plus gros consommateurs d’Amérique latine.

Nous croisons des convois de chars et de nombreuses personnes qui se rendent au cimetière.

Affluence au musée :

Un immense parapluie inversé, oeuvre conçue par Pedro Ramirez Vasquez, draine les eaux de pluie en son centre. Il supporte 4400 m² d’acier et d’aluminium contre vent et séismes.

Il nous est rappelé que les premiers habitants d’Amérique ont migré d’Asie par le détroit de Béring entre 30000 et 6000 ans avant Jésus-Christ. Durant 1500 ans, la période préclassique correspond à la sédentarisation, à l’apparition des premières pyramides, de l’écriture, du calendrier, des échanges commerciaux, mais aussi époque de chamanisme et canibalisme. Dans cette salle se trouve également le fameux Acrobate contorsionniste de Tlatilco.

 

 

A partir du premier siècle commence la période classique. 

Représentation du temple du soleil et de la lune:

Reconstitution du temple de Quetzalcoatl:

Masque de Tlaloc, dieu de la pluie et de l’agriculture, statue de Chalchiuhtlicue, déesse de l’eau, objets de cultes…

Stèles de Xochicalco:

Atlante de Tula:

 

Chac-mool recevant dans un plateau posé sur son ventre les coeurs de victimes sacrifiées:

La salle Mexica est dédiée aux fondateurs de Tenochtitlan. Jaguar avec récipients pour les coeurs de victimes immolées, temalacatl (gros cylindre de pierre orné de reliefs), pierre du soleil appelée calendrier aztèque trouvée sous le Templo Mayor, représentations de dieux, objets de cultes…

La salle d’Oaxaca est consacrée aux zapothèques (vers 200-600) et aux mixtèques (1000-1500). L’élément le plus remarquable est la reconstitution de la tumba 104 du Monte Alban:

Dans la salle maya, reconstitution du temple de Hochob:

et du temple de Bonampak orné de peintures murales:

ainsi que chac-mool, masques funéraires…

Dans les salles du nord et de l’occident, reconstitutions d’intérieurs et de tombes:

Le premier étage montre la diversité culturelle du Mexique (vêtements, habitat, religion, artisanat, musique…):

A l’extérieur du musée, nous assistons à une démonstration des 4 valadores totonaques de Veracruz qui reproduisent une cérémonie destinée à favoriser la fertilité des terres en s’élançant, attachés par une corde, du haut d’un grand poteau dont ils font 13 fois le tour avant de toucher le sol.

En route vers Coyoacan, nous passons devant un monument dédié à Gandhi:

Coyoacan, petit village d’artistes et d’intellectuels, a été phagocyté par le monstre mais garde le charme d’une petite ville coloniale, dont le Zocalo est toutefois envahi en ce dimanche de week-end des morts.

Frida Kahlo est née en 1907 dans cette maison bleue d’une mère mexicaine et d’un père allemand:

Militante féministe, défenseuse de la cause indigène, communiste amie de Trotski avec qui il semblerait qu’elle ait eu une courte liaison, elle se maria à deux reprises avec le célèbre muraliste Diedo Rivera. Elle reçut également André Breton, mais se défend elle-même d’être surréaliste, ne peignant que sa vérité. Beaucoup d’autoportraits, ce qui peut s’expliquer par le fait qu’elle dut peindre dans son lit surmonté d’un miroir. En effet elle fut victime de poliomyélite à l’âge de 6 ans et d’un très grave accident d’autobus à l’âge de 18 ans, l’ayant amenée à subir ensuite jusqu’à 30 opérations. Elle mourut également dans cette maison à l’âge de 47 ans. C’est émouvant de rentrer ainsi dans son intimité.

Le marxisme donnera la santé aux malades

En partant, nous passons devant le mur de la maison de Trotski, qui ne l’empêcha pas d’être assassiné d’un coup de pic à glace le 20 août 1940 par un agent du NKVD sur ordre de Staline.

Retour à l’hôtel par des quartiers où il vaut mieux ne pas s’arrêter d’après Victor: armes, drogue, vols de voiture, commerce illégal, contrefaçon…

Certains des nombreux vieux véhicules que l’on voit régulièrement garés le long des rues semblent encore circuler (pas de contrôle technique!).

Le parc des autobus de la ville, très vétustes a été renouvelé en 1993, mais ceux-ci n’ont pas été pour autant mis à la casse.

Taxis et vélos taxis sont bien reconnaissables à leur couleur rose et blanche.

 

Place Garibaldi, les mariachis attendent les clients (là aussi nous ne ferons que passer):

Bon, de toute façon, le courage nous manque pour ressortir by night.

A bientôt, bise.

 

 

Mexico : Xochimilco et Zocalo

Nous sommes dans le ventre d’un monstre urbain de plus de 20 millions d’habitants. Mexico a été construite à plus de 2200 mètres d’altitude sue les ruines de l’ancienne Tenochtitlan, prospère cité aztèque rasée par Cortès en 1921.

Après que nous ayons entrevu le haut des tribunes de l’immense stade Asteca (110000 places) et que Victor nous ait montré la meilleure école privée du pays (coût de 70000 pesos par an), un bon repas sur une trajinera à Xochimilco nous offre une douce entrée en matière. Appelée Venise du Mexique, Xochimilco possède un sol plus ou moins mouvant, le chinampa, qui est propice a la culture des fleurs et des légumes et permet d’alimenter la capitale. Déjà les empereurs azrèques se fournissaient en fruits et en légumes frais grâce à cette cité de jardins flottants. Aujourd’hui les habitants de Mexico viennent traditionnellement s’y promener en barque le dimanche pour manger en famille et faire la fête. En ce jour de fête des morts (celui des enfants et des anciens, qui sera suivi demain par celui de tous), aux nombreuses lanchas décorées de couleurs vives s’ajoutent les offrandes de fleurs. Différents groupes de mariachis locaux, ou bien venus du nord ou du Guatemala mettent une ambiance festive. Nous ne savons pas si ce sont nos papilles, nos yeux ou nos oreilles qui profitent le plus de ce lieu.

 

Après ce reposant intermède, nous gagnons le coeur du monstre à savoir le Zocalo ou plaza de la Constitucion, vaste place centrale, implantée à l’emplacement de l’ancien marché aztèque en utilisant les pierres de pyramides pour paver l’esplanade et construire les édifices. Elle est dominée par l’imposante cathédrale commencée au XVIème siècle dans le style de la renaissance espagnole et achevée au XIXème dans le style néoclassique français, pourvue de 3 nefs élégantes de 110 mètres de long. L’injection de tonnes de béton dans le sous-sol a permis de réduite son inclinaison due à l’instabilité du sol mais elle continue à s’enfoncer de 1 cm par an.

D’une grande unité architecturale, cette place est bordée côté est par le Palacio National, construit sur les ruines du palais de l’empereur aztèque Moctezuma. Résidence des vice-rois d’Espagne puis des présidents jusqu’à la fin du XIXème siècle. Malheureusement nous ne pourrons pas voir les magnifiques fresques de Diego Riviera retraçant l’histoire du Mexique, le bâtiment étant fermé en ce jour de fête. Ainsi que le fit dans son village Miguel Hidalgo, héro de la révolution, pour lancer le mouvement de l’indépendance en 1810, la cloche située au-dessus du balcon principal est sonnée tous les 15 septembre par le président et tous crient à 3 reprises « Viva Mexico ».

Aspect sud se trouve le Palacio de Gobierno.

Côté ouest, le Monte de Piedad, qui prête de l’argent contre le dépôt d’objets précieux, a été édifié sur l’emplacement du palais aztèque où avait été logé Cortès et ses hommes.

 

Ce n’est qu’en 1978 que fut révélé par un coup de pioche d’un terrassier l’emplacement du Templo Mayor à l’est de la cathédrale, monument dont il reste peu de vestiges mais qui était le plus important de l’empire aztèque, la pyramide de Tenochtitlan, située au centre du monde. Là aussi nous ne pourrons pas voir en particulier le monolithe de Coyolxauhqui ni le bas-relief de la déesse de la terre Tlaltecuhtli qu’abrite son musée.

Par contre nous nous immergeons dans cette foule festive qui envahit la place avec ces nombreuses personnes costumées, qui rejoindront plus tard le défilé des spectres.

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Des groupes de danse aztèque conservent costumes traditionnels et rites préhispaniques dans des odeurs de copal.

La pluie nous ramène à notre lieu de rendez-vous avec Victor. Je crois que nous nous contenterons ce soir des bananes données par notre batelier.

Bonne nuit et bise.

Premiers imprévus

Dès le RER parisien, suite à un déclenchement du signal d’alarme et à notre immobilisation sur les rails en attendant arrivée et intervention des secours, nous avons eu le pressentiment que les choses s’annonçaient mal. Après un réveil à 4 heures du matin le jour suivant pour nous rendre à l’aéroport d’Orly, nous sommes accueillis par une bonne nouvelle : les vols à destinations de Lisbonne, notre première étape avant Miami et Mexico sont immobilisés en raison d’un important brouillard sur Lisbonne empêchant tout atterrissage. Nos espoirs d’obtenir notre première correspondance, puis notre deuxième, deviennent peau de chagrin. Nous finissons par nous poser à Lisbonne avec plus de 2 heures de retard et un vol de remplacement nous est proposé vers Miami pour l’après-midi, avec consigne de nous débrouiller ensuite pour le vol vers Mexico.

Arrivés dans cet immense aéroport de Miami de nuit, à une heure où nous aurions dû être en train de nous reposer tranquillement dans notre hôtel à Mexico, une longue alignée de machines automatiques de contrôles nous attendent pour scannage de nos passeports, interrogatoire, prise d’empreintes digitales et de photos. Ensuite long périple jalonné de chemins roulants et immense queue (pendant 1h30) pour passer devant les douaniers : rescannage des passeports, reprise d’empreintes de tous les doigts des deux mains, reprise de photo. Puis direction les tapis à bagages. Tout çà pour une simple escale ! L’ESTA n’est qu’anecdotique… Tout est fermé à cette heure tardive, pas question de contacter la compagnie aérienne. De plus connexion internet très fluctuante. Je parviens tout de même à me renseigner sur les disponibilités restantes et les prix des vols vers Mexico pour le lendemain ; « plus que 2 places », prix exorbitants en dernière minute (plus pour une personne que nos deux vols Paris-Mexico) avec l’incertitude d’un remboursement par la compagnie TAP. Comme je dis à Antoine : tant que nous ne nous sommes pas crashés, il y a encore de l’espoir. Nous avons la chance d’avoir effectué notre précédente réservation non avec American Airlines (foule immense et peu de compassion visiblement) mais avec Delta Airlines  où nous avons affaire à un charmant monsieur qui se décarcasse pour nous trouver une solution de vol pour Mexico via Atlanta sans frais supplémentaire pour nous. Oh un grand merci monsieur : nous avions la hantise de passer encore une nuit à l’aéroport. Suite à un malentendu, nous avons eu le privilège de passer deux fois au contrôle avant embarquement à quelques minutes d’intervalle:  surprise de la préposée à la fouille au corps à qui je lance : »I like this! ». Là, le moral est remonté à bloc… Jusqu’à ce que, peu avant Atlanta, l’avion ne ne mette à tourner en rond et qu’on nous annonce que nous sommes déroutés sur Savannah en raison des conditions météorologiques. Après quelques turbulences, nous nous posons. Quelques personnes descendent, nous rajoutons du kérosène, et nous attendons, ne sachant si nous pourrons retourner à Atlanta. Nous finissons par avoir le feu vert.

A notre arrivée, on nous dit de nous rendre immédiatement à la porte E8 : course dans des couloirs interminables, tapis roulants, recourse, train, recourse tout ceci avec encore une lueur d’espoir que le vol pour Mexico ait été également retardé : lueur vite éteinte car l’avion est bel et bien parti. Queue au centre d’aide ; un autre avion complet part ce soir pour lequel on nous met en stand by, avec une autre réservation plus sûre pour le lendemain matin. On nous passe même une traductrice qui s’étend longuement sur la violente agression dont elle a été victime à Mexico près du Zocalo (histoire de nous remonter le moral…).

Verdict peu après : nous devrons passer une autre nuit dans un aéroport. Nous dénichons trois sièges sans accoudoirs pouvant faire un lit de fortune que me laisse gentiment Antoine. Mais le froid et un préposé mettent fin à nos tentatives d’endormissement : la zone va être éteinte d’où risques d’agressions. Après avoir sollicité de la compagnie couvertures et oreillers (nouvelle queue bien sûr), nous gagnons la zone éclairée, où nous tentons de nous conditionner par des pensées positives (« tant que nous ne nous sommes pas crashés… », « nous pourrons peut-être arriver le jour de la fête des morts… »).

Au petit matin, je prends connaissance d’un message de la compagnie aérienne nous informant que notre vol de l’après-midi pour Mexico est retardé d’une 1/2 heure. Petit stress donc quand nous présentons notre billet lors du boarding du vol du matin, mais ouf, enfin, on est assis dans l’avion, certes aux sièges numéros 13, mais ne soyons pas supertitieux…

Nous approchons enfin de notre destination

A l’arrivée, nous constatons que notre valise nous a bien suivis et que notre chauffeur Victor nous attend. Il nous conduit à notre hôtel pour une étape appréciée à la salle de bain. 1/2 Lexomil pour Antoine et c’est parti…!

A bientôt, bise.

 

Préparatifs

Une fois encore, l’appel de la découverte nous incite à organiser un nouveau périple, avec toutefois une conscience perturbée que n’atténue guère le fait de planter des arbres, de réduire notre consommation de viande, ou de trouver quelques arguments susceptibles d’être plus ou moins fallacieux…: la réalisation des rêves de notre vie devient-elle complice d’un crime contre l’avenir de la planète ? Mais il s’avère difficile de brider une passion. Partager notre voyage via ce blog paraît d’autant plus souhaitable. Je vais cependant tenter d’améliorer la rapidité d’affichage des photos en réduisant leur poids, ce qui me permettra peut-être aussi de ne pas multiplier les blogs gratuits pour un même voyage : j’espère que ce ne sera pas trop au détriment de leur qualité pour nos lecteurs.

Mes déboires dans le Ladakh rendant peu prudent un circuit en terre inca du fait des hautes altitudes péruviennes, c’est dans l’Amérique précolombienne des Aztèques, des Zapotèques et des Mayas que nous nous rendrons. Nous limitons nos déplacements en avion en allongeant notre périple (41 jours), ce qui devrait nous permettre de visiter Mexique et Guatemala avec petite incursion à Copan au Honduras.

Comme à l’accoutumée, nous resterons prudents : la consultation du site du gouvernement ne nous ayant pas forcément rassurés sur les conditions de sécurité, nous avons organisé notre circuit hors zone rouge ou orange et nous bénéficierons d’un chauffeur pour l’ensemble de notre périple. Novembre sera en période sèche mais, si les températures restent douces en zone tropicale, c’est l’hiver et il faut prévoir des vêtements chauds, surtout en altitude. Nous emporterons de bonnes doses de répulsifs, le site de Tikal en particulier semblant particulièrement infesté, mais pas de médication antipaludéenne. Nous optons pour une unique valise d’une quinzaine de kg et 2 petits sacs à dos (en bagages à main).

N’ayant jamais étudié l’espagnol dans ma jeunesse, je me suis attelée à Duolingo et à Assimil, un peu tardivement toutefois : j’espère que 2 petits mois, assez intensifs, me permettront de bien me débrouiller. Par contre nous risquons d’avoir des difficultés à échanger avec nombre d’Indiens ne parlant que mixtèque, tzeltal, zapotèque, nahual, quiché, cakchiquel, mam, kekchi ou autres multiples langues précolombiennes (67 au Mexique, 23 au Guatemala).

Nous remercions encore Raphaël de s’occuper de la maison.