Nous sommes dans le ventre d’un monstre urbain de plus de 20 millions d’habitants. Mexico a été construite à plus de 2200 mètres d’altitude sue les ruines de l’ancienne Tenochtitlan, prospère cité aztèque rasée par Cortès en 1921.
Après que nous ayons entrevu le haut des tribunes de l’immense stade Asteca (110000 places) et que Victor nous ait montré la meilleure école privée du pays (coût de 70000 pesos par an), un bon repas sur une trajinera à Xochimilco nous offre une douce entrée en matière. Appelée Venise du Mexique, Xochimilco possède un sol plus ou moins mouvant, le chinampa, qui est propice a la culture des fleurs et des légumes et permet d’alimenter la capitale. Déjà les empereurs azrèques se fournissaient en fruits et en légumes frais grâce à cette cité de jardins flottants. Aujourd’hui les habitants de Mexico viennent traditionnellement s’y promener en barque le dimanche pour manger en famille et faire la fête. En ce jour de fête des morts (celui des enfants et des anciens, qui sera suivi demain par celui de tous), aux nombreuses lanchas décorées de couleurs vives s’ajoutent les offrandes de fleurs. Différents groupes de mariachis locaux, ou bien venus du nord ou du Guatemala mettent une ambiance festive. Nous ne savons pas si ce sont nos papilles, nos yeux ou nos oreilles qui profitent le plus de ce lieu.

Après ce reposant intermède, nous gagnons le coeur du monstre à savoir le Zocalo ou plaza de la Constitucion, vaste place centrale, implantée à l’emplacement de l’ancien marché aztèque en utilisant les pierres de pyramides pour paver l’esplanade et construire les édifices. Elle est dominée par l’imposante cathédrale commencée au XVIème siècle dans le style de la renaissance espagnole et achevée au XIXème dans le style néoclassique français, pourvue de 3 nefs élégantes de 110 mètres de long. L’injection de tonnes de béton dans le sous-sol a permis de réduite son inclinaison due à l’instabilité du sol mais elle continue à s’enfoncer de 1 cm par an.

D’une grande unité architecturale, cette place est bordée côté est par le Palacio National, construit sur les ruines du palais de l’empereur aztèque Moctezuma. Résidence des vice-rois d’Espagne puis des présidents jusqu’à la fin du XIXème siècle. Malheureusement nous ne pourrons pas voir les magnifiques fresques de Diego Riviera retraçant l’histoire du Mexique, le bâtiment étant fermé en ce jour de fête. Ainsi que le fit dans son village Miguel Hidalgo, héro de la révolution, pour lancer le mouvement de l’indépendance en 1810, la cloche située au-dessus du balcon principal est sonnée tous les 15 septembre par le président et tous crient à 3 reprises « Viva Mexico ».

Aspect sud se trouve le Palacio de Gobierno.

Côté ouest, le Monte de Piedad, qui prête de l’argent contre le dépôt d’objets précieux, a été édifié sur l’emplacement du palais aztèque où avait été logé Cortès et ses hommes.

Ce n’est qu’en 1978 que fut révélé par un coup de pioche d’un terrassier l’emplacement du Templo Mayor à l’est de la cathédrale, monument dont il reste peu de vestiges mais qui était le plus important de l’empire aztèque, la pyramide de Tenochtitlan, située au centre du monde. Là aussi nous ne pourrons pas voir en particulier le monolithe de Coyolxauhqui ni le bas-relief de la déesse de la terre Tlaltecuhtli qu’abrite son musée.

Par contre nous nous immergeons dans cette foule festive qui envahit la place avec ces nombreuses personnes costumées, qui rejoindront plus tard le défilé des spectres.
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Des groupes de danse aztèque conservent costumes traditionnels et rites préhispaniques dans des odeurs de copal.

La pluie nous ramène à notre lieu de rendez-vous avec Victor. Je crois que nous nous contenterons ce soir des bananes données par notre batelier.
Bonne nuit et bise.