Volcan Pacaya

Départ à 6 heures du matin en direction d’Antigua. Le temps n’est toujours pas de la partie : nous voyons seulement parfois quelques sommets qui émergent des nuages.

Notre intention est pourtant de nous rendre au volcan Pacaya, 2552 mètres d’altitude, situé dans un parc national. Vieux de 23000 ans, il est en activité permanente depuis 1961 et on ne peut accéder au sommet du cratère. Il est  déconseillé d’y monter seul: Kévin nous guide. L’ascension jusqu’au cratère adventif se fait sans grande difficulté (nous avons mis un peu moins de temps que le temps annoncé). Certains optent pour les chevaux, qui ne sont pas constipés les bougres! Nous rencontrons d’abord quelques pêchers, avocatiers et un chêne de 500 ans.

Avocatier

Par contre le premier mirador ne révèle guère que des nuages.

Au moment où nous atteignons la base du cône,

nous apercevons fugacement pendant 3 à 4 secondes le sommet du volcan Agua.

Nous sommes frustrés après avoir vu la photo affichée de ce que nous devrions découvrir….

De temps en temps, on entend une petite explosion (Antoine trouve le volcan un peu asthmatique) et quelques fumées se dégagent. La lave se déplace lentement et ce sont surtout les projections de pierres qui sont dangereuses.

La dernière coulée avant la fin obligée de notre ascension est encore chaude.

Kévin introduit des bâtonnets dans une anfractuosité : ils se consument instantanément.

Une société israélienne exploite l’énergie du volcan et vend l’électricité produite au Mexique.

Espérons que nous ayons meilleur temps demain à Antigua…

Bise.

SUITE DANS mexiqueguatemala2.travel.blog

Panajachel

Panajachel est la ville la plus importante du lac Atitlan  et le port principal d’où l’on peut se rendre aux villages des rives. Les soirées sont ici beaucoup moins froides qu’à Chichicastenango, du fait sans doute que nous sommes descendus de presque 400 mètres (la ville est à 1597 mètres d’altitude).

Une barque motorisée nous conduit au village tzutujil de San Juan sur la rive ouest du lac. Ce matin les sommets des volcans sont dégagés, le lac est calme, tout est pastel, pur.

Sous cet angle, les sommets antérieurement superposés du Cerro de Oro, du volcan Toliman et du volcan Atitlan se détachent. A droite le volcan San Pedro.

San Juan est un village tranquille où tout le monde se dit bonjour et se sourit.

Un groupe d’une quarantaine de femmes tzutujiles ont créé une association Rupalak K’istalin, qui s’efforce de promouvoir la culture maya tzutujil. Nous visitons un atelier de peinture à l’huile sur toile : peinture à la spatule ou représentations assez stylisées et pour le moins originales vues du ciel…

Les plantes médicinales produites par des sages-femmes nous sont présentées dans un jardin qui embaume: sauge, mélisse, fenouil, citronnelle, rose-marie, aloe vera, basilic, arnica…

Changement de senteur avec la production artisanale de chocolat. Le cacaoyer n’est toutefois pas cultivé ici. Autour du lac, ce sont surtout des cultures de café et de maïs.

Ailleurs nous sont exposées les techniques d’utilisation du coton et des colorants naturels ainsi que le la fabrication des textiles.

L’association oeuvre aussi pour la protection de l’abeille maya Malipona: outre son rôle pollinisateur, elle produit un miel de grande qualité.

Notre guide nous explique succinctement la signification des symboles et des couleurs sur un calendrier astrologique sacré maya appelé Tzolkin (en fait cela semble très compliqué si l’on tente d’approfondir). Il comporte 260 jours et 2 composantes interactives : 13 divinités cosmiques et intentions pour la première et 20 différents aspects solaires et expériences de l’être humain pour la deuxième.

L’Indian Nose serait une superbe randonnée si nous étions courageux et avions davantage de temps (sa forme évoque le visage d’un homme couché)…

L’église est dédiée à San Juan Bautista:

Nous reprenons le bateau pour Santiago Atitlan, deuxième ville la plus importante du lac, située dans une profonde baie au sud, encadrée par les volcans Toliman et Atitlan à l’est, San Pedro à l’ouest. Les sommets des volcans sont déjà coiffés.

Vu le temps dont on dispose, nous optons pour le tuk-tuk.

Maximon est une divinité syncrétique très vénérée au Guatémala. Son culte a commencé au moment de la conquête espagnole. Il serait un mélange de Rijlaj Mam (qui signifie le grand-grand-père en nahuatl), gardien du peuple maya tzutujil et Saint Simon. Il représente à la fois le bien et le mal (ce qui fait qu’on le craint aussi), coureur de jupon et protecteur des couples, noceur et buveur. Il est vénéré sous forme d’une effigie, qui est transférée chaque année dans un foyer différent. Des préposés spéciaux restent près de l’autel où on lui fait des offrandes (argent, bougies, nourriture, alcool, tabac). On pense ici que son pouvoir principal est la guérison, attirer l’amour des gens, protéger contre le danger, réussir dans les affaires, protéger les marchands et les voyageurs mais aussi les joueurs et les soûlards… Vraiment surprenant de venir se confesser à une telle idole…

Le Parque de La Paz a été créé sur l’emplacement d’un champ de maïs en mémoire du massacre du 2 décembre 1990 où des femmes et des enfants furent tués. Une messe est dite chaque mois pour ces victimes. A Santiago, 10000 personnes périrent lors de la guerre civile opposant les guérilleros des montagnes et les forces du gouvernement militaire entre 1962 et 1991, et 400000 au total au Guatemala.

En nous rendant au mirador dont il est difficile de profiter pleinement du fait des nuages qui s’amoncellent, nous voyons les lavandières en contre-bas.

La façade de l’iglesia catolica (1541) est en restauration.

La place centrale ne nous a pas séduits. Minimarché aujourd’hui.

De retour à Panajachel, le bateau prenant le relai du tuk-tuk pour la séance de tape-cul, balade le long du lac où 1 ou 2 courageux se baignent en zone surveillée (il y a de forts courants dans le lac).

Avant de rentrer à l’hôtel, petit saut à l’église, un peu à l’écart:

A bientôt pour une journée plus sportive. Bise.

Chichicastenango

D’abord habitée par l’ethnie des Kakchiteles, puis à partir du XVIème siecle par les Quichés, la ville de Chichicastenango est maintenant essentiellement peuplée de ladinos issus d’un métissage d’Espagnols et de Mayas. Le jeudi et le dimanche, la ville est en effervescence : s’y tient le plus grand marché du Guatemala avec plus de 2000 échopes et présence de nombreuses ethnies portant leurs costumes traditionnels variés mais tous aussi colorés (Mams, Ixils, Kakchiteles, Quichés). Se vendent huipils brodés, vêtements typiques, ceintures, sacs, bijoux d’argent ou de jade, copies de masques anciens (là, pas de photos), poteries, légumes de toutes sortes, maïs, fleurs, poules, dindes, canards…

Devant l’église San Tomas, une femme répand de l’encens.

L’église est bondée. C’est jour de baptêmes.

Chichicastenango a aussi le cimetière le plus coloré du monde: peindre les tombes (ou les croix pour les plus modestes) est une tradition ancestrale. Chaque famille a une couleur attribuée.

Nous renonçons à nous rendre au Pascual Abaj, colline sacrée où ont lieu des rituels mayas, car il nous faudrait un guide de confiance si nous ne souhaitons pas nous perdre où que l’on nous perde… Nous retrouvons donc Manuel à l’hôtel et repartons en direction du lac Atitlan.

Solola

Formé par une éruption volcanique il y a plus de 85 000 ans, le lac Atitlan, de plus de 130 km², est dominé par d’imposants volcans : volcan San Pedro (3020 m), volcan Toliman (3158 m), volcan Atitlan (3537 m). Nous le découvrons depuis un mirador sur la Panaméricaine.

Arrivés à Panajachel, nous sommes stoppés par une parade de différentes compagnies de pompiers.

Nous attend une grande chambre avec terrasse de plain-pied donnant sur la piscine. Nous allons pouvoir en profiter 2 nuits…

Bise

Todos Santos

Bon, tâchons de profiter pleinement de notre voyage malgré les débuts difficiles, le tremblement de terre en France et notre abri de piscine plié sous les trente centimètres de neige lourde. J’ai l’impression d’être Madame la Marquise de la chanson…

Après Chiantla, où nous avons du mal à traverser le marché en voiture,

nous devons passer un col à 2400 mètres pour nous rendre à Todos Santos, un village mam, accessible par une seule route au coeur de la Sierra Cuchumatames. Malheureusement le brouillard ne s’est pas levé aussi tôt que nous et nous sommes frustrés de ne pouvoir admirer le paysage.

Nous émergeons des nuages sur un haut plateau où les bords de route sont des jardins naturels.

Les anciennes maisons étaient en pisé, mais beaucoup ont été détruites par les tremblements de terre.

Les Guatémaltèques ayant émigré aux Etats-Unis construisent de superbes maisons témoignages de leur réussite…

C’est jour de marché à Todos Santos. Les Mams ont gardé leurs tradictions et leurs vêtements ancestraux, que nous pouvons admirer. La tenue des hommes en particulier est remarquable : chemise blanche pouvue d’un grand col brodé, pantalon rayé rouge et blanc par dessus lequel un surpantalon plus court et ouvert maintient latéralement les hanches au chaud, chapeau de paille éventuellement agrémenté d’un ruban. Ils sont visiblement plus accueillants que les Tzotzils et acceptent que l’on prenne des photos.

L’église:

Après avoir replongé dans le brouillard, nous prenons une route panoramique pour nous rendre à Chichicastenango, notre prochaine étape.

Notre accueillante posada:

En ville on s’active à préparer le marché de demain, on se restaure, des enfants s’amusent à se déguiser…

Certains étals sont déjà prêts.

L’église San Tomas a été bâtie en 1540 sur un ancien lieu de culte maya. Sur les marches d’accès, des fumées s’échappent encore d’un foyer, témoignant des rites d’origine précolombienne encore très présents et du syncrétisme religieux. Par inadvertance, nous entrons par l’escalier et la porte principale, réservés au chuchkajaus (prêtres mayas) au lieu de passer par le cloître et la porte latérale… C’est dans cette église que fut trouvée le Popol Vuh des mayas, écrit en quiché au XVIème siècle, qui a disparu depuis, après avoir fait l’objet toutefois de plusieurs traductions. Selon ce « Livre du Conseil », Dieu a créé la nature puis les hommes, d’abord en glaise, puis en bois, et enfin en maïs. Cette tentative fut fructueuse en leur donnant une âme.

Devant une petite église, un feu et des incantations attirent notre attention : des offrandes entourées d’oeufs sont en train de brûler et un chuchkajaus officie.

Des micros diffusent par ailleurs les discours d’évangélisateurs de quelques sectes : une grande part de la population guatémaltèque, tout en restant attachée à la religion catholique, a été attirée par une dizaine de milliers d’organisations ou sectes, issues des Etats-Unis et disposant de moyens considérables. Elles seraient par contre moins tolérantes au « paganisme ».

Bon repas dans un restaurant indiqué par notre logeuse:

De retour à l’hôtel, nous avons droit à une flambée bienvenue dans la cheminée de notre chambre. Ce soir, plusieurs feux d’artifice illuminent le ciel (visibles de notre terrasse). Un concert d’aboiements et de hurlements fait suite à tous les crépitements.

Bise

 

 

 

Arrivée au Guatémala

Lever à 4h15 pour un départ au point du jour, car risque de queue à la frontière. Le ciel est bas et coiffe les monts boisés de pins puis de feuillus.

Nous parvenons à la frontière à Mesilla vers 9 heures.

Personne au guichet, nous payons la taxe Béthel 8 fois le prix qui nous avait été annoncé (augmentation légale ou autre?…, mais on est bien obligé d’obtempérer) et passons en un temps record. Antonio, qui a garé sa voiture côté Mexique, nous accompagne et, ne voyant pas notre nouveau chauffeur, nous commençons à parcourir les 200 mètres annoncés car il semblerait que les véhicules doivent s’arrêter en amont et qu’Antonio a l’air d’être au courant. Mais ou bout de presque 2 km sur la route, car les trottoirs sont encombrés, au milieu de la pollution des bus et des camions, je comprends qu’Antonio n’est en fait au courant de rien du tout et je lui demande d’appeler notre correspondante à l’agence locale. Pas de réponse, dit-il. Nous sommes devant un cybercafé mais toute la ville n’a pas d’électricité actuellement, donc pas de wifi. Peut-être sommes-nous finalement arrivés trop tôt? Bon, nous décidons de revenir à la frontière (Antoine en tête arborant son nom en grosses majuscules sur la poitrine) : ouf! Manuel nous y attend effectivement, et qui plus est avec la voiture, depuis plus d’une heure!

Nous empruntons une route de montagne sinueuse où il n’est pas question de pouvoir s’arrêter pour une photo.

Nous suivons un car sur lequel un homme fait de curieuses acrobaties.

En fait il s’avère que nous allons arriver trop tôt à notre hôtel et Manuel nous propose de nous arrêter sur le site archéologique de Zaculeu, vestige de la capitale mam, dont mon guide ne parle absolument pas. Nous comprenons vite pourquoi. Si le site est agréable et reposant, fréquenté par des familles qui pique-niquent, des enfants qui jouent au foot sur les pelouses, par contre la restauration à type de replâtrage grossier généralisé laisse vraiment à désirer. Un jeu de pelote, des tombes et des pyramides ont été mis à jour mais d’autres sont recouvertes de gazon.

Notre hôtel est en bordure de la ville de Huehuetenango. On voit les montagnes au loin.

Notre tentative d’escapade en ville tourne court : pas de trottoirs, beaucoup de chiens errants, 3 premiers magasins rencontrés (épiceries et vente de tacos) servant les clients à travers une grille, ce qui n’est pas fait pour inspirer confiance…

Nous pensions bien dormir, mais c’était avant la musique de fête qui envahit notre chambre. Je vais tenter de retrouver les bouchons d’oreilles.

Bise.

 

 

San Cristobal de las Casas

San Juan Chamula est un village tzotzile (une ethnie maya) dans la montagne à une dizaine de kilomètres au nord-est de San Cristobal. Il fait vraiment ce jour un temps d’hiver avec une petite pluie froide et des nuages masquant les sommets. Vous ne verrez guère de photos, les Indiens tzotziles, qu’il vaut mieux ne pas heurter, n’aimant pas se trouver dans l’objectif. Des conflits violents éclatent souvent avec les autorités car ils n’acceptent pas la colonisation (la ville a été conquise par les Espagnols en 1524). Certains portent des tenues traditionnelles: vestes ou jupes en longs poils de laine noire, chapeaux de cow boy… Les photos sont également formellement interdites dans l’église (sous peine de se voir confisquer l’appareil voire de se retrouver en prison). Je laisse le mien enfoui au plus profond de ma poche…  Par contre si vous êtes respectueux et souriant, on vous répond volontiers, ce à quoi je ne m’attendais pas d’après ce que j’avais pu lire.

Ce qui est vraiment surprenant dans ce village, c’est l’église. Quand nous avons franchi la grande porte verte moyennant une petite rétribution, certains finissaient de ramasser les aiguilles de pin (sacré) jonchant le sol et préparaient de nouveaux sacs tandis que d’autres raclaient en ligne la cire des bougies. San Juan remplace Jésus dans le choeur, et dans des petites vitrines, 15 saints sont alignés à droite, 21 à gauche, portant des miroirs renvoyant le reflet de l’âme de celui qui vient les prier. Les lumières vacillantes de centaines et centaines de bougies sur les côtés et devant le choeur ainsi que devant des groupes de personnes en prière assis à même le sol (pas de bancs), des bouteilles de Coca Cola (qui remplace le pox) pour rejeter les esprits maléfiques, une femme avec une poule (qui servira à localiser le mal et sera ensuite sacrifiée), tout cela contribue à créer une atmosphère étrange. Les cloches ont été ramenées au sol. Des tentures verticales de différentes couleurs suivent la pente du toit. En fait les tzotziles pratiquent leur propre religion: chrétienne mâtinée de chamanisme. Plus de prêtre ici et l’évêque n’a le droit de venir qu’un fois par an pour les baptêmes.

Nous nous rendons dans un autre autre village tzotzile proche, Zinacantan,

où là aussi les photos sont formellement interdites dans l’église. De plus ce jour ont lieu des obsèques. Un orchestre à corde et un violon accompagnent le défunt. A la sortie, un homme fait allusion à l’enterrement. Avec un air compatissant, je lui dis que nous sommes au courant pour Franscisco… « Ah oui, vous le connaissez? »…

Chaque famille confectionne ses vêtements traditionnels. Mais quelques ateliers de tissage en font également commerce.

Une tenue de mariage

De retour à San Cristobal, nous trouvons des édifices fermés pour cause de restauration, apparemment suite au tremblement de terre de 2016: la cathédrale construite en 1528 et rebâtie en 1670,

le Templo San Domingo dont nous tentons au moins d’admirer la façade de style renaissance espagnole (XVIIème).

Le Centro cultural de los Altos, situé dans l’ancien couvent de Santo Domingo (1545) est surtout intéressant pour les superbes costumes traditionnels caractéristiques de différents villages au Mexique et au Guatemala, avec leurs différentes techniques de fabrication… (tissages, broderies aux motifs géométriques ou représentant des animaux stylisés, des fleurs…, de couleurs vives et d’une infinie variété).

 

Un immense escalier permet d’accéder au Templo de Guadalupe, d’où l’on a une vue sur la ville.

  Il y a foule le matin au Gran Mercado où les indiens de la région viennent vendre et acheter fruits, légumes, chiles, poulets, poisson séché, laine, vêtements, chaussures… De nombreuses femmes en habits traditionnels, beaucoup portant un petit enfant dans un grand châle brodé, voire même l’allaitant en faisant leurs achats… Ici des chayotes cuisent à l’étouffée. Il est tout-a-fait contre-indiqué de prendre des photos sur le marché et je reste extrêmement prudente. Une jeune vendeuse avec qui je parviens à communiquer en lui posant des questions sur la qualité de la laine accepte que je prenne son étal en photo…

A proximité, un établissement fournit entre autres du glyphosate :

Des hauts-parleurs diffusent une publicité pour un médicament:

Un peu plus loin, des machines pour broyer le café:

La curiosité nous amène à poursuivre vers le nord de la ville jusqu’au Centro de Desarrollo de la Medicina Maya, surprenant petit musée qui vise à diffuser les pratiques de guérison tzotzil-tzeltal. Il existe cinq spécialités : celui qui prend le pouls, celui qui prie dans la montagne, la sage-femme, celui qui guérit les maladies osseuses et le connaisseur des plantes qui a le secret des plantes dans la tête. Les ressources thérapeutiques : des bougies, dont la couleur est fonction de la maladie, la croix, les prières, l’encens, les fleurs, le pox ou le soda. Des offrandes sont faites aux saints et aux esprits. Des bougies sont placées au sol devant le patient, sur le corps duquel le guérisseur met du basilic et des aiguilles de pin, ou encore un oeuf ou un poulet sur la zone malade. Il projette le pox pour chasser les mauvais esprits et purifier. Varicelle, rougeole, variole et coqueluche peuvent être évitées par 3 prières annuelles à l’église, dans les collines ou à une source. Sont utilisées des plantes chaudes, des plantes froides, des minéraux et des animaux. Pour les rhumatismes par exemple, sont préconisés : la chair de l’oiseau-mouche, l’os du moine noir, l’urine de moufette, la chair de serpent ou un écureuil mangé entier.

On peut également voir un verger de plantes médicinales et une pharmacie. Mais curieusement Antoine interrogé n’avait plus mal à sa cheville.

Encore quelques flâneries dans les rues,

MUSAC, ex Palacio Municipal
Le Zocalo
La casa Utrilla
L’Arco del Carmen

avant de nous préparer à un réveil précoce demain, où nous allons passer la frontière avec le Guatémala.

Bise

 

Cañon de Sumidero

Dans cette région très ventée proche du Pacifique où nous faisons route vers l’est, nous traversons un immense parc de 5 000 éoliennes.

Les lointains sont très embrumés.

A Chiapa de Corso, nous embarquons dans une lancha avec une vingtaine d’autres passagers direction le cañon de Sumidero. La rivière Grijalva s’engouffre dans cette faille géologique dans la Sierra Norte de Chiapas avant d’atteindre le lac artificiel du barrage de Chicoasen, qui a permis d’apprivoiser son cours tumultueux. Les parois calcaires atteignent parfois plus de 1000 mètres (+ 250 mètres sous l’eau). Elle va se jeter ensuite dans le golfe du Mexique. Des plongeoirs sont aménagés.

 

Pendant la saison des pluies, une grande chute d’eau façonne ces dépôts calcaires recouverts de mousse, que l’on appelle « Sapin de Noël »:

La végétation parvient à s’accrocher et une nombreuse faune vit ici : canards, hérons, cormorans, pélicans, faucons… mais aussi singes araignées (entrevus dans les arbres)… et officiellement crocodiles. Toutefois nous n’avons pu qu’observer un beau crocodile en plastique posé sur un rocher pour les touristes (plus vrai qu’un vrai!). Quelques grottes également.

Malheureusement aussi quelques nappes de détritus que mon objectif a évitées…

La centrale hydroélectrique de Chicoasen est l’une des plus grandes du Mexique.

La route des miradors donne des points de vue du cañon depuis le haut.

La route menant de Chiapa de Corzo à San Cristobal de las Casas s’élève progressivement et offre de beaux points de vue.

Notre hôtel à San Cristobal est proche du centre, ce qui va nous permettre pendant les deux prochains jours de bien profiter de cette vieille cité provinciale de l’époque coloniale, fondée en 1528 à 2200 mètres d’altitude. Le froid nous saisit à notre arrivée et ne nous incite guerre à sortir ce soir…

Bise

Arbre de Tule, mezcal et tapis

Il a sans doute connu les Olmèques, les Mixtèques, les Zapothèques, les conquistadors, et voit maintenant défiler des touristes de tout poil. Ce cyprès de Montezuma (ahuehuete en langue nahuatl) aurait entre 1200 ans et 3000 ans. Selon une légende, il aurait été planté par un prêtre d’Ehecatl, le dieu du Vent des Aztèques. L’Arbol del Tule mesure 58 mètres de circonférence et 42 mètres de hauteur. Face à lui a été construite l’église Santa Maria del Tule.

Antoine n’a bien sûr pas su résister à une dégustation de mezcal… C’est une boisson alcoolisée confectionnée à partir de l’agave de type maguey. tout comme le tequila. Avant l’arrivée des Espagnols, les civilisations mesoaméricaines ne connaissaient pas la distillation et ne fabriquaient que du pulque à faible teneur en alcool. Si le (oui on dit bien le) tequila provient de l’état de Jalisco, le mezcal est distillé dans l’état d’Oaxaca. L’agave est récolté au bout de 7 à 30 ans. On n’en garde que le coeur (pina), qui est d’abord cuit au palenque (four conique creusé dans le sol et recouvert de pierres de lave) chauffé au bois de chêne pendant 1 semaine. L’amidon est transformé en sucre fermentescible. Puis la pina est refroidie pendant 1 semaine, est moulue avec un disque et une roue de pierre. La pulpe extraite est placée dans des cuves de bois où elle fermente pendant 1 à 4 semaines. Le bagazo obtenu est ensuite distillé dans un alambic. On obtient du mezcal ordinaire avec une seule distillation. Avec 2 distillations, on peut produire du mezcal joven (ayant séjourné moins de 2 mois en fût), du mezcal reposado (de 2 mois à 1 an en fût), ou du mezcal anejo (1 à 12 ans en fût). Antoine, petit joueur, n’a pas souhaité déguster le mezcal contenant la larve du papillon parasite de l’agave…

Un dicton populaire : « Para todo mal, mezcal, y para todo bien tambien ». Salud!

A Teotitlan del Valle, chaque famille tisse la laine et confectionne des tapis, utilisant des colorants naturels (cochenille vivant sur les feuilles de nopal pour le rouge, grenade pour le jaune, indigo pour le bleu, brou de noix pour le marron…) et réalisant ainsi des motifs zapotèques. A l’époque préhispanique, ils étaient en yuca, palmier ou coton et réalisés avec des métiers à dos. La laine est maintenant achetée sur le marché aux éleveurs de la montagne.

La route de Tenuantepec, ville commerciale où nous devons faire étape à une soixantaine de km du Pacifique est très sinueuse et révèle de beaux paysages de montagne.

Les reliefs s’estompent, la végétation change :

Papayer

Tehuantepec se trouve dans l’isthme correspondant à la plus courte distance entre le golfe du Mexique et l’océan Pacifique (200 km) et constituant la limite entre l’Amérique du nord et l’Amérique Centrale.

Alors que nous avions eu des températures idéales jusqu’alors, la chaleur nous surprend. Nous dormirons avec la clim.

A bientôt. Bise.

Monte Alban et marché de Tlacolula

Sur la route du Mont Alban, petit arrêt de Rafael à un point de vue sur les montagnes et la ville.

Nous roulons ensuite en convoi derrière 2 motards de la police car nous remontons des coureurs et des marcheurs aux couleurs de leurs clubs respectifs.

La population s’est sédentarisée dans la région d’Oaxaca dès 2500 avant JC, cultivant ces vallées fertiles  et fabriquant des céramiques. Le Monte Alban, dominant 3 vallées depuis la colline du Jaguar, a été fondée par les Olmèques vers 700 à 650 avant JC. Leur influence est marquée jusque vers 150 avant JC : développement du commerce, société bien hiérarchisée, extension de sa domination aux cités voisines.  A cette époque de nombreuses pierres furent gravées, comme les Danzantes. Des glyphes et des dates témoignent également de l’usage de l’écriture et du calendrier. Monte Alban devint un grand centre politique, économique, culturel et spirituel avec les Zapothèques, qui érigèrent de nouvelles constructions. La cité atteint son apogée entre 350 et 550 après JC. La ville aurait compté jusqu’à 40 000 habitants vers 650. Aux environs de 750 , le déclin de la cité n’est pas très bien expliqué (sécheresse? poussée démographique? invasions? épidémies?). Monte Alban devint un simple centre cérémoniel et une nécropole. Vers l’an 1200, Les Mixtèques s’emparèrent alors de la ville abandonnée jusqu’à l’arrivée des conquistadors.

Le juego de pelota est différent des jeux mayas en ce qu’il ne comporte pas d’anneaux sur les côtés : je ne pourrai vous en donner la règle… Il semble associé à des célébrations religieuses et à la résolution de conflits divers. Le gagnant était protégé des dieux.

Tous les édifices sont tournés vers une vaste esplanade centrale, créée par arasement du sommet de la colline, de 300 mètres sur 200.

Nous longeons plusieurs bâtiments qui devaient soutenir des temples

avant de parvenir au Palacio, seul bâtiment d’habitation sans doute destiné à des nobles ou des prêtres.

La Plataforma Sur est imposante avec ses escaliers de 40 mètres de large et permet de découvrir une vue magnifique sur l’ensemble du site et sur les montagnes environnantes. Elle n’a pas encore été totalement explorée.

Au pied de cette plateforme, l’edificio J, de forme pentagonale, était un observatoire astronomique.

A gauche, une jolie pyramide

précède l’édifice de Los Danzantes. Plusieurs hypothèses concernant ces Danzantes: prisonniers nus castrés et sacrifiés? personnes handicapées considérées comme des êtres magiques ou des chamans (beaucoup de consanguinité dans la classe sociale supérieure)? Le fait qu’est représentée une femme avec un foetus dans son ventre ne ferait-elle pas plutôt opter pour la seconde hypothèse? la multiplication des personnages pour la première?…

Suit un complexe cérémoniel précédé d’une stèle qui aurait servi à indiquer le zénith.

Les bâtiments au centre de la Gran Plaza  formaient le lieu public de la cité.

La plataforma norte possède l’architecture la plus compliquée et la plus ancienne, avec un imposant portique soutenu par 12 colonnes donnant sur un patio fermé.

 Au pied, une stèle maya :

Les tombes avoisinantes sont fermées et ne révèlent pas grand’chose. Nous rencontrons sur les marches Elazio, qui se débrouille bien en français sans avoir été à l’école. C’est un zapotèque habitant un village proche, qui réalise des reproductions de masques et de sculptures. Il nous dit que ses ancêtres ont participé à la construction du site…

Dans le musée, une maquette de la plate-forme nord reconstituée, des pierres, des stèles et des morceaux de colonne sculptés, du matériel funéraire, des offrandes (en particulier des minirécipients en céramique).

Dimanche est jour de marché à Tlacolula où nous nous rendons maintenant. De nombreux véhicules de police précèdent l’entrée (dont un pourvu de canons à eau), ce qui est sans doute en rapport avec le gros titre du journal La Jordana de ce matin: « Cinq policiers d’état tués lors d’une opération de sécurité ». Ils auraient été attaqués par des habitants. Enfin, on est tout de même pas dans le nord où l’armée gouvernementale affronte régulièrement les forces des cartels et ne l’emporte pas toujours. Le 4 novembre dernier, des présumés membres du cartel ont tendu trois embuscades et tué 9 femmes et enfants d’une famille mormone connue pour lutter contre le narcotrafic.

Des indiennes viennent vendre leur produits ou faire leurs achats en tenue traditionnelle (mais j’essaie de rester discrète pour les photos).

A la sortie, une alignée de « tortugas » attendent les clients.

Par le marché, on accède à l’église dont la chapelle latérale est remarquable.

A l’entrée, message pour la planète:

Bise.

Oaxaca

Aujourd’hui, direction Oaxaca. Depuis la route, nous apercevons entre les nuages le volcan Pico de Orizaba, point culminant du Mexique (5675 mètres).

Beaucoup de cactus de toutes sortes: figuiers de Barbarie, tuyaux d’orgue, candélabres, cactus « gigantes »… Le Mexique possèderait 60% de toutes les espèces de cactus au monde.

Nous sommes dans la Sierra Madre Occidentale.

Oaxaca, ville coloniale entourée de montagnes a été fondée en 1532. Nous pensions nous rendre au Mercado de Abastos, ce que nous a vivement déconseillé Rafael pour des motifs de sécurité. Suite à une courte approche en voiture (portières verrouillées), nous n’avons effectivement pas eu envie de descendre (vraiment rien d’engageant)…

Nous optons donc pour le Mercado Juarez, dans le centre ville, beaucoup plus sympathique, où l’on trouve fruits, légumes, épices, douceurs, chocolat, café, mescal, viandes, chapeaux, vêtements, couteaux…

Antoine a même mangé des chapulines (criquets grillés avec du piment). Ces insectes dévoreurs de récoltes, que l’on trouve particulièrement dans cette région, sont utilisés comme aliments depuis plus de 3000 ans.

Le centre historique avec son Zocalo, sa cathédrale, ses rues piétonnes bordées de maisons aux façades colorées respire la tranquillité. Toutefois, depuis les années 1970, des contestations d’activistes sont fréquentes (la population est ici proche de ses origines indiennes).

La cathédrale, construite par les dominicains, a dû être restaurée après plusieurs tremblements de terre.

  Le coin de cireurs de chaussures

De nombreux monuments, édifices religieux… allient des pierres vertes (la cantera est caractéristique de la région), roses, ocres et grises.

Le Templo de Santo Domingo (fin du XVIème), avait pour vocation de convertir les Indiens. La façade Renaissance contraste avec la Capilla de la Virgen del Rosario.

Le jouxte le Museo de las Culturas de Oaxaca, qui occupe un ancien couvent. Il abrite une belle bibliothèque, des salles concernant l’époque précolombienne, en particulier les zapotèques, d’autres concernant la conquête espagnole, l’émancipation du Mexique, les différentes ethnies de l’état d’Oaxaca…

Crâne incrusté de turquoise retrouvé dans la tome n°7 de Monte Alban

Photo dédiée à Maxence d’un match de basket interuniversitaire:

Nous sommes contents de rentrer tôt à l’hôtel pour récupérer de la journée chargée d’hier. A bientôt. Bise.