Il a sans doute connu les Olmèques, les Mixtèques, les Zapothèques, les conquistadors, et voit maintenant défiler des touristes de tout poil. Ce cyprès de Montezuma (ahuehuete en langue nahuatl) aurait entre 1200 ans et 3000 ans. Selon une légende, il aurait été planté par un prêtre d’Ehecatl, le dieu du Vent des Aztèques. L’Arbol del Tule mesure 58 mètres de circonférence et 42 mètres de hauteur. Face à lui a été construite l’église Santa Maria del Tule.

Antoine n’a bien sûr pas su résister à une dégustation de mezcal… C’est une boisson alcoolisée confectionnée à partir de l’agave de type maguey. tout comme le tequila. Avant l’arrivée des Espagnols, les civilisations mesoaméricaines ne connaissaient pas la distillation et ne fabriquaient que du pulque à faible teneur en alcool. Si le (oui on dit bien le) tequila provient de l’état de Jalisco, le mezcal est distillé dans l’état d’Oaxaca. L’agave est récolté au bout de 7 à 30 ans. On n’en garde que le coeur (pina), qui est d’abord cuit au palenque (four conique creusé dans le sol et recouvert de pierres de lave) chauffé au bois de chêne pendant 1 semaine. L’amidon est transformé en sucre fermentescible. Puis la pina est refroidie pendant 1 semaine, est moulue avec un disque et une roue de pierre. La pulpe extraite est placée dans des cuves de bois où elle fermente pendant 1 à 4 semaines. Le bagazo obtenu est ensuite distillé dans un alambic. On obtient du mezcal ordinaire avec une seule distillation. Avec 2 distillations, on peut produire du mezcal joven (ayant séjourné moins de 2 mois en fût), du mezcal reposado (de 2 mois à 1 an en fût), ou du mezcal anejo (1 à 12 ans en fût). Antoine, petit joueur, n’a pas souhaité déguster le mezcal contenant la larve du papillon parasite de l’agave…

Un dicton populaire : « Para todo mal, mezcal, y para todo bien tambien ». Salud!
A Teotitlan del Valle, chaque famille tisse la laine et confectionne des tapis, utilisant des colorants naturels (cochenille vivant sur les feuilles de nopal pour le rouge, grenade pour le jaune, indigo pour le bleu, brou de noix pour le marron…) et réalisant ainsi des motifs zapotèques. A l’époque préhispanique, ils étaient en yuca, palmier ou coton et réalisés avec des métiers à dos. La laine est maintenant achetée sur le marché aux éleveurs de la montagne.

La route de Tenuantepec, ville commerciale où nous devons faire étape à une soixantaine de km du Pacifique est très sinueuse et révèle de beaux paysages de montagne.
Les reliefs s’estompent, la végétation change :

Tehuantepec se trouve dans l’isthme correspondant à la plus courte distance entre le golfe du Mexique et l’océan Pacifique (200 km) et constituant la limite entre l’Amérique du nord et l’Amérique Centrale.
Alors que nous avions eu des températures idéales jusqu’alors, la chaleur nous surprend. Nous dormirons avec la clim.
A bientôt. Bise.