Monte Alban et marché de Tlacolula

Sur la route du Mont Alban, petit arrêt de Rafael à un point de vue sur les montagnes et la ville.

Nous roulons ensuite en convoi derrière 2 motards de la police car nous remontons des coureurs et des marcheurs aux couleurs de leurs clubs respectifs.

La population s’est sédentarisée dans la région d’Oaxaca dès 2500 avant JC, cultivant ces vallées fertiles  et fabriquant des céramiques. Le Monte Alban, dominant 3 vallées depuis la colline du Jaguar, a été fondée par les Olmèques vers 700 à 650 avant JC. Leur influence est marquée jusque vers 150 avant JC : développement du commerce, société bien hiérarchisée, extension de sa domination aux cités voisines.  A cette époque de nombreuses pierres furent gravées, comme les Danzantes. Des glyphes et des dates témoignent également de l’usage de l’écriture et du calendrier. Monte Alban devint un grand centre politique, économique, culturel et spirituel avec les Zapothèques, qui érigèrent de nouvelles constructions. La cité atteint son apogée entre 350 et 550 après JC. La ville aurait compté jusqu’à 40 000 habitants vers 650. Aux environs de 750 , le déclin de la cité n’est pas très bien expliqué (sécheresse? poussée démographique? invasions? épidémies?). Monte Alban devint un simple centre cérémoniel et une nécropole. Vers l’an 1200, Les Mixtèques s’emparèrent alors de la ville abandonnée jusqu’à l’arrivée des conquistadors.

Le juego de pelota est différent des jeux mayas en ce qu’il ne comporte pas d’anneaux sur les côtés : je ne pourrai vous en donner la règle… Il semble associé à des célébrations religieuses et à la résolution de conflits divers. Le gagnant était protégé des dieux.

Tous les édifices sont tournés vers une vaste esplanade centrale, créée par arasement du sommet de la colline, de 300 mètres sur 200.

Nous longeons plusieurs bâtiments qui devaient soutenir des temples

avant de parvenir au Palacio, seul bâtiment d’habitation sans doute destiné à des nobles ou des prêtres.

La Plataforma Sur est imposante avec ses escaliers de 40 mètres de large et permet de découvrir une vue magnifique sur l’ensemble du site et sur les montagnes environnantes. Elle n’a pas encore été totalement explorée.

Au pied de cette plateforme, l’edificio J, de forme pentagonale, était un observatoire astronomique.

A gauche, une jolie pyramide

précède l’édifice de Los Danzantes. Plusieurs hypothèses concernant ces Danzantes: prisonniers nus castrés et sacrifiés? personnes handicapées considérées comme des êtres magiques ou des chamans (beaucoup de consanguinité dans la classe sociale supérieure)? Le fait qu’est représentée une femme avec un foetus dans son ventre ne ferait-elle pas plutôt opter pour la seconde hypothèse? la multiplication des personnages pour la première?…

Suit un complexe cérémoniel précédé d’une stèle qui aurait servi à indiquer le zénith.

Les bâtiments au centre de la Gran Plaza  formaient le lieu public de la cité.

La plataforma norte possède l’architecture la plus compliquée et la plus ancienne, avec un imposant portique soutenu par 12 colonnes donnant sur un patio fermé.

 Au pied, une stèle maya :

Les tombes avoisinantes sont fermées et ne révèlent pas grand’chose. Nous rencontrons sur les marches Elazio, qui se débrouille bien en français sans avoir été à l’école. C’est un zapotèque habitant un village proche, qui réalise des reproductions de masques et de sculptures. Il nous dit que ses ancêtres ont participé à la construction du site…

Dans le musée, une maquette de la plate-forme nord reconstituée, des pierres, des stèles et des morceaux de colonne sculptés, du matériel funéraire, des offrandes (en particulier des minirécipients en céramique).

Dimanche est jour de marché à Tlacolula où nous nous rendons maintenant. De nombreux véhicules de police précèdent l’entrée (dont un pourvu de canons à eau), ce qui est sans doute en rapport avec le gros titre du journal La Jordana de ce matin: « Cinq policiers d’état tués lors d’une opération de sécurité ». Ils auraient été attaqués par des habitants. Enfin, on est tout de même pas dans le nord où l’armée gouvernementale affronte régulièrement les forces des cartels et ne l’emporte pas toujours. Le 4 novembre dernier, des présumés membres du cartel ont tendu trois embuscades et tué 9 femmes et enfants d’une famille mormone connue pour lutter contre le narcotrafic.

Des indiennes viennent vendre leur produits ou faire leurs achats en tenue traditionnelle (mais j’essaie de rester discrète pour les photos).

A la sortie, une alignée de « tortugas » attendent les clients.

Par le marché, on accède à l’église dont la chapelle latérale est remarquable.

A l’entrée, message pour la planète:

Bise.

2 réflexions sur « Monte Alban et marché de Tlacolula »

  1. On est au courant pour cette histoire de cartel et la famille mormone, ils en ont bien parlé aux informations. Mais on ne s’inquiète pas pour vous hein…

    J’aime

Laisser un commentaire